Monday, 31 March 2014

Schäuble compares Putin to Hitler

Many European officials thought about it, but very few dare to say it publicly. German finance minister Wolfgang Schäuble set himself among the latter, as he compared Russian president Vladimir Putin's policy towards Crimea to Hitler's annexion of the Sudetenland in 1938. The Nazi leader annexed this Czechoslovakian region in a move intended to "protect" its German-speaking population.
Speaking to a crowd of some fifty Berlin students on 31 March, Schäuble said that "this kind of methods have been used before by Hitler in the Sudetenland", reports Der Spiegel Online.

Les municipales en France vues par Mauro Biani

Le dessinateur italien Mauro Biani, bien connu des lecteurs de Presseurop, a réalisé pour Il Manifesto ce cartoon, qui synthétise d'après lui le résultat du second tour des élections municipales française, où le Front National de Marine Le Pen a conquis au moins dix municipalités.


Today’s best European front pages

On this 31 March, the main news in Europe are yesterday's local elections in France, with president François Hollande's Socialist party's defeat, and local elections in Turkey, with PM Recep Tayyip
Erdoğan claiming victory amid fraud claims.
In Slovakia, newcomer businessman Andrej Kiska defeated PM Robert Fico's in the presidential elections.




'The blue tsunami breaks onto Hollande' - Le Figaro, Paris.




'The punition' - Libération, Paris.



'Rebuff for French left' - Neue Zürcher Zeitung, Zurich.




'Turkey ran to the polls' - Dünya, Istanbul.




'Confidence vote for Erdogan' - Sabah, Istanbul.




'Dead overshadow crucial choice' - Die Presse, Vienna.




'1,307,065 votes' - SME, Bratislava.




'The president is Andrej Kiska' - Pravda, Bratislava.




'"Gas princess" against "Chocolate king"' - Moskovskye Komsomolets, Moscow




'Journalism comes back home' - El Mundo, Madrid.




'A blow for Swedish football' - Svenska Dagbladet, Stockholm.




'Death ships sail on' - Hufvudstadsbladet, Helsinki.




'Our Roma in French castle' - Standdart, Sofia.




'Quitting the EU 'Would hit North and Midlands hardest' - The Independent, London.



'Europe does not want to annex Ukraine', says EPP's president Joseph Daul - România libera, Bucarest.

Sunday, 30 March 2014

Quelle Europe pour les nationalistes ?

Craig Willy, specialiste des questions européennes et grand estimateur de Presseurop, décrypte, dans un essai qui fait partie d'un plus ample dossier, à suivre dans les pages du mensuel roumain QMagazine, ce que c'est l’extrémisme européen.

Je ne sais pas ce que sont des "extrémistes". Mais s'agissant des mouvements d'extrême-droite ou d'extrême-gauche, sans connotations péjoratives, la sensibilité européenne varie. En général, tous sont radicalement contre les gouvernements actuels et donc contre "cette Europe", mais beaucoup sont pour une "autre Europe".

Certains, dans la pratique, se sont montrés euro-compatibles, notamment pour accéder au pouvoir. Geert Wilders aux Pays-Bas, la Lega Nord en Italie et le FPÖ en Autriche ont tous participé à des gouvernements, modérant leur euroscepticisme, dont le niveau varie également. (Wilders est contre l'Union européenne, la Lega seulement contre l'euro).

Paradoxalement, à gauche et parmi certains nationalistes, la critique est en fait d'un manque d'État européen : les Traités et la législation européennes auraient fait exploser les frontières et auraient castré les États nationaux, mais la gouvernance fiscale, sociale et financière du continent demeure quasiment inexistante. Selon cette critique, le libéralisme européen à mené à une anarchie économique qui bénéficie surtout aux banques, aux multinationales et à ceux qui cachent leur argent dans les paradis fiscaux, tout en décimant l'emploi et l'industrie.

La gauche européenne est très ambigüe sur ce point : contre cette Europe mais pour une autre Europe, cette-dernière souvent dénoncée comme un vœu pieux irréaliste. Faut-il donc être pour ou contre l'euro, par exemple, avec tous ses défauts d'un point de vue de gauche sociale et démocratique ? La gauche n'est toujours pas sortie de cette contradiction.

On retrouve cette tension parmi les nationalistes. Même les eurodéputés du Front National français, par exemple, ont voté avec la majorité en faveur d'un renforcement des outils de la Commission contre le dumping (comme les panneaux solaires chinois). Il y a une forte division entre les nationalistes étato-protectionnistes (notamment du sud et souvent de l'est) et les nationalistes libre-échangistes (comme UKIP et Wilders, typiquement du nord-ouest), reflétant les tempéraments très différents des pays, attribuant soit l'excès soit le manque de libre-échange comme la cause de leur malheur économique (théodicée).

En général, l'extrême droite est plus nationale qu'européenne. Mais certains, notamment les racialistes comme les Identitaires, favorisent tout comme l'Union européenne les identités régionales et européenne (c'est-à-dire enracinées et "blanches").
Le Front National est un cas intéressant. Globalement il voudrait transformer l'Union en coquille vide : dissolution de l'euro et de Schengen, possibilité de douanes nationales (donc fin du Marché unique) et supériorité du droit français sur le droit européen (donc la fin de ce dernier).

Néanmoins il y a un "européisme frontiste" : le parti admet un rôle européen pour l'éducation, la recherche et l'industrie, notamment pour les grands projets. Il soutient donc les échanges estudiantins Erasmus, Airbus et le système satellite Galileo. Les eurodéputés frontistes se sont d'ailleurs abstenus, mais n'ont pas voté contre le programme de recherche européen Horizon 2020. Un pestiféré comme Alain Soral aussi bien qu'un autre respectable comme Emmanuel Todd, tous deux des intellectuels des nouveaux nationalismes français, ont parlé de la nécessité d'un "protectionnisme européen", ce qui, bien entendu, implique un certain européisme. Le Front National, comme la gauche, dit vouloir une "autre Europe" dont les contours ne sont pas encore clairs. Son programme plaide pour "une association libre d’États européens partageant la même vision et les mêmes intérêts sur des sujets tels que l’immigration ou les règles devant régir les échanges extérieurs et la circulation des capitaux" qui associerait la Russie. Un gouvernement frontiste tenterait-il de ré-créer une Union douanière européenne avec des membres protectionnistes et anti-immigrationnistes (une nouvelle Union latine ?) ? Une telle Union serait-elle plus pragmatique et efficace que l'actuelle ou est-ce qu'elle serait encore plus paralysée par le véto national ?

Il est intéressant de noter que le nationalisme aujourd'hui semble souvent aller de paire avec la russophilie. La plupart des "observateurs internationaux" invités par la Russie pour le référendum criméen étaient des nationalistes (Front National, Jobbik hongrois, l'Auto-défense polonaise...). L'Alternative für Deutschland, parti libéral-conservateur eurosceptique représentant un nationalisme allemand modéré, a elle aussi exprimé un désir de coopération avec la Russie. Les paléoconservateurs américains – isolationnistes, conservateurs sociétaux et antiguerres – sont également souvent admirateur de Vladimir Poutine, comme champion du nationalisme conservateur contre l'extension permanente de la sphère libérale-financière.

La russophilie a donc largement changé de camps depuis 30 ans, allant de l'extrême-gauche à l'extrême-droite, mais, curieusement, en France les électeurs concernés sont souvent les mêmes : les sous-privilégiés de souche européenne, souvent ouvriers et moins éduqués.

This week’s best cartoons on Turkey, Ukraine and banks

This week's most "cartooned" issue was probably Turkish prime minister Recep Tayyp Erdoğan's decision to stop Twitter and YouTube, after the publication of some embarrassing tapped conversations.
Ukraine, with Russian president Vladimir Putin's defiance towards the West, was another best-seller, as well as US president Barack Obama's visit to Europe. 
Austria and Luxembourg's green light to fiscal cooperation with the other EU members apparently was considered as a matter of joke only in the Grand-Duchy.




"Let lies about me be spread" - Horsch, Der Standard, Vienna.




Ruben, NRC Handelsblad, Amsterdam.




Stephff, The Nation, Bangkok.



Bojesen, Jyllands-Posten, Aarhus.




Tjeerd, Cartoon Movement, Amsterdam.


Arend van Dam, The Netherlands.


Kazanevski, Russia.




'Europe reaches out for Ukraine' - Mix&Remix, L'Hebdo, Lausanne.



'The Hague meeting'. On the carpet: 'Power' - Mohr, Süddeutsche Zeitung, Munich.




Ammer, Wiener Zeitung, Vienna.




Schneider, Tageblatt, Esch-sur-Alzette.



Friday, 28 March 2014

Le tour de l’Europe en quelque news

  • Les états membres de l’OTAN seraient arrivés à un consensus, remarque le quotidien roumain Adevărul : le futur chef de l’alliance militaire est originaire de Norvège, l’ex-Premier ministre Jens Stoltenberg. Adieu à Radosław Tomasz Sikorski, ministre polonais des Affaires etrangères, comme à tous les espoirs des pays de l’Est. Il était un candidat connu pour sa position anti russe.
  • Désespérée, l’Union européenne essaye de "sortir des griffes de Poutine" tout ce qui reste encore apte pour la sauvegarde, remarque l’écrivain moldave Vitalie Ciobanu, sur son blog Adevărul. Sinon, comment expliquer le fait que Bruxelles a dépêché la signature de l’accord d’association pour avril ?
  • Un dossier de Une pour l’Express de ce 19-25 mars, afin d'illustrer la montée de l’extrême droite en France. Ce qui n’est pas dit sur la couverture, ressort du dossier, et fait mal : les anciens politiciens de droite, déçus par un UMP, la droite en dégringolade, rejoignent à bras ouvert la vague bleu-Marine.
  • Nous passons à l’heure d’été ce week-end. C’est seulement un saut d’humeur horaire ? Loin de là. Tout est argent et tout est affaires : cet astuce qui permet aux commerces de rester ouvertes plus longtemps, permet aussi d’économiser la consommation électrique de plus de 800 000 ménages rien qu’en France. Ce jeu horaire date seulement depuis 1973, le fameux choc pétrolier, qui a déterminé tout le monde à faire des économies d’énergie.
  • La bonne nouvelle vient (toujours) du football : Michel Platini a annoncé, à Astana, au Kazakhstan, la création de la Ligue des nations, une trouvaille de championnat qui se substituerait aux matches amicaux des sélections européennes. Nous, on regardera avec plus d’intérêt, eux, les joueurs, on espère qu’ils joueront mieux.
  • Les Moldaves (et le reste des européens) s’inquiètent, écrit Timpul, à Chişinău : Moscou masse des troupes aux frontières avec l’Ukraine. Attaquera-t-il ? Ou pas ? Ce fin de semaine ou lundi ? C’est vrai que le président américain Barack Obama n’a pas été très convaincant à Bruxelles, cette semaine.

Today’s best European front pages

On this 28 March, European dailies seem to have gone back to national news. The main news are on US president Barack Obma's trip comes to an end with his visit to Italy, and the Turkish government's embarrassment and subsequent decision to shut down YouTube, after some senior officials's discussions about attacking Syria to prevent an Islamists militants' attack on some Turkish heritage site was leaked.



'When the "brother" is at the gate' - Den, Kiev.




'Fewer young people are going for the student's cap' - Berlingske, Copenhagen.




'Obama's encouragement to Italy' - Corriere della Sera, Milan.




'The State's most hidden secret leaked' - Hürriyet, Istanbul.




'Morocco is building a trench so that immigrants won' jump the fence' - La Razón, Madrid.




'Inside French jihadist's head' - Libération, Paris.




'What started here' - Die Tageszeitung, Berlin.





'Bank raises alarm over new house price bubble' - The Times, London.


Wednesday, 26 March 2014

On l’appelait Gobelin, 007 Gobelin…

C’est par lui que la tempête est arrivée…Nommé fin février Premier Ministre de la République Autonome de Crimée, il est aussi celui qui a lancé un appel au président russe Vladimir Poutine en vue de "préserver la paix et la stabilité" dans la république. Mais qui est Sergueï Axionov ? La réponse dans un article publié par Hotnews.md, de Chişinău.

Le nouveau Premier Ministre de la Crimée, Sergueï Axionov (41 ans) est le fils de Valeri Axionov...Personnalité clé de la communauté russe de Moldavie, à la fin des années 90, Valeri était adjoint du maire socialiste dans la ville moldave de Bălţi. Chef de file de la "Société russe de Bălti", deuxième ville de Moldavie, en étroite collaboration avec la mission diplomatique russe de Chişinău, ainsi qu'avec des localités et régions de Russie, il fait couler beaucoup d’encre en 1997.
 À l'automne 1997, son nom apparaît dans le contexte du "Dossier Savine" - l'assassinat d'un journaliste (Vladimir Savine) du quotidien gouvernemental "Nezavissimaïa Moldova". Savine avait écrit plusieurs articles sur les mécanismes de blanchiment d'argent des marchés de la ville. Il affirmait que, sur un seul marché, quelques 260 mille lei (14 200 euros) finissaient dans les poches des structures mafieuses, et une partie des sommes dans celles des représentants de l'administration locale. Début octobre 1997, Vladimir Savine, ancien militaire soviétique, est la cible d'un attentat, blessé de plusieurs coups de feu. Quelques jours avant d'expirer à l'hôpital, Savine a affirmé à un journaliste local avoir été visé par la "mafia socialiste". Le jour de l'attentat contre Savine, le journal local "Golos Bălti" publiait un article intitulé "Arithmétique contre les prétendus chasseurs de vérité", dans lequel l'adjoint au maire Axionov apportait quelques rectifications aux données publiées par Savine. Traitant avec ironie les écrits de de dernier, Axionov n'a toutefois pas nié les faits en tant que tels.
Son nom est également lié, pendant les années où il exerçait en tant qu'adjoint au maire, au "jumelage" établi entre Bălţi et Tiraspol, la capitale de la Transdniestrie. On raconte qu'à l'époque déjà la vie de famille de Valeri Axionov était partagée entre la Moldavie et l'Ukraine très proche.
Son fils, Sergueï Axionov, est né à Bălţi. Il est diplômé d'une grande école militaire de Simferopol. Mais il a préféré se lancer dans les affaires. Entre 1993 et 2001, on retrouve son nom dans différentes sociétés de la capitale de la Crimée. A partir de 2008, Sergueï Axionov s'implique dans diverses organisations sociopolitiques de Crimée, étant membre de la "Société russe de Crimée". Depuis 2009 il est un des leaders d'une organisation militant pour l'unité des Russes en Crimée, "Russie Unie". Enfin, très rapidement, il fait main basse sur toutes les structures de pouvoir en Crimée et c’est lui qui annonce l’organisation du referendum du 16 mars, portant sur le statut de la Crimée.
Pourquoi ce personnage contradictoire a-t-il choisi la politique ? Dans une interview accordée en 2010, il reconnaît être entré dans la politique pour "changer la situation en Crimée pour le mieux". Quant à ses affaires, il préfère les confier à sa femme. Selon la presse de Crimée, le nom de Sergueï Axionov apparaît dans plusieurs dossiers criminels liés à des extorsions de fonds, mais aussi du recel d'armes. Les opposants d'Axionov-fils soutiennent que son surnom dans les milieux criminels serait "Gobelin"...

Source image: rg.ru




Tuesday, 25 March 2014

Today’s best European front pages

Most of European dailies have their main headline on the informal G7 that took place on Monday in The Hague on the sidelines of a summit meeting over nuclear security, with US president Barack Obama and allies agreeing on casting out Russia from the  Group of 8 most industrialised democracies. The move aims to punish Russian president Vladimir Putin for his blitz-annexation of the Ukrainian pæninsula of Crimea.



'No G8 in Sochi, but a G7 in Brussels' - De Standaard, Brussels.




'Obama: Putin has to pay for Crimea' - Der Tagesspiegel, Berlin.




'An American in Brussels' - Le Soir, Brussels.



'The G7 isolates Russia' - De Volkskrant, Amsterdam.




'Putin frozen out as the West unites over Crimea' - The Times, London.




'Crimea crisis opens [the way] for Jens Stoltenberg' - Svenska Dagbladet, Stockholm.




'The Ukrainian heroes of Sevastopol' - Den, Kiev.




'Obama: the G8 without Putin. Stocks on trenches over the crisis' - Il Sole 24 Ore, Milan.




'The government starts to rule over Crimea' - Kommersant, Moscow.



'Russia and NATO are playing cops and robbers near the sea boundary' - Sega, Sofia.




'Suárez's last teaching' - El Mundo, Madrid.




'Almunia's command to Eurobank' - I Kathimerini, Athens.




'Municipal elections: the NF triumphs, the SP is punished' - Le Monde, Paris.



'Portugal leads in Europe on cuts to social expenditures' - I, Lisbon.