Sunday, 26 January 2014

La Gagaouzie pour les nuls

Un titre en aucun cas insultant. Tout simplement, en parfait accord avec une réalité qui nous rattrape au moment où personne ne s'y attendait plus : la Gagaouzie existe, et elle veut avoir son mot à dire en ce qui concerne la possible future adhésion de la Moldavie à l'UE.
Récapitulons : la Moldavie, pays voisin de la Roumanie, mais aussi de l'Ukraine, pays ex-soviétique, compte deux régions,disons, autonomes.

Une, dont tout le monde parle régulièrement, la Transnistrie, une région séparatiste auto-proclamée indépendante, mais que personne ne reconnaît.

Et la deuxième, la Gagaouzie, qui jouit depuis 1995 d'un statut autonome reconnu par la capitale moldave, Chişinău. Avec la ville de Comrat comme capitale. Une région dont la presse (moldave ou internationale) ne parle pas souvent. Les touristes ignorent cette région, et les seules traces qu'elle laisse dans la capitale moldave sont surtout les restaurants gagaouzes !

Depuis quelques jours et à l'approche de la date fatidique du 2 février (quand le bashkan de la région, Mikhaïl Formouzal, a décidé d'organiser un référendum afin de consulter la population sur l'adhésion à l'union eurasiatique de Vladimir Poutine), les yeux de l'Occident se tournent aussi vers cet Est si lointain.

Les choses étaient prévisibles, croit Ziarul Naţional, de Chişinău, par la voix de Petru Bogatu : plus la Moldavie se rapproche de l'UE, plus Bucarest, le voisin partageant la même langue roumaine, la même histoire aussi, jusqu'à l'annexion de la Moldavie (nommée à l'époque, en 1945, la Bessarabie) par le URSS, déclare ouvertement son amour pour Chişinău (comprendre désir d'union...), plus
La classe politique de Comrat s'entête sur le thème d'un référendum; des personnes qui n'ont pas de convictions, mais seulement des missions. Elles sont dirigées de l'extérieur pour déstabiliser la situation. 
On comprend qui se cache derrière le nom pas prononcé. Quoi qu'il arrive dans ces pays ex-soviétiques, "Moscou n'est jamais trop loin et jamais innocent". Ce n'est plus un proverbe, mais une évidence.

Eh bien cette fois-ci nous y sommes : Comrat se rebelle, Chişinău, en envoyant les membres de l'exécutif sur place, avec de promesses d'aide au développement économique, essaye d’éteindre le feu, affirme un analyste moldave. Mais la maison s'écroule presque... et voilà comment l’exécutif moldave paie ainsi une politique de l'immédiat, sans une vraie vision à long terme.

Donc, le titre de la Une de Ziarul Naţional, hebdomadaire qui pose une question simple : "Que veulent les Gagauzes" semble incomplet: pourquoi ne pas ajouter un "qu'est ce qu'il faut faire maintenant..." ?

Le mal est fait, l'ours russe a bien mis sa queue dans le lac pas encore gelé (du coup, comme dans le vieux conte bien connu dans l'Est du continent, il ne risque pas de la perdre), les élections législatives moldaves s'approchent (juin 2014), et l'accord d'association avec l'UE devrait être aussi signé au plus vite (avant l'été 2014). L’exécutif moldave devra régler au plus vite ce problème, en fonction aussi du résultat du référendum.  Sans passion ni ressentiment. Les Moldaves seront-ils capables d'une telle prouesse?

1 comment:

  1. "que veulent les Gagauzes". Moi j'aurais dit "qu'est ce qu'il faut faire maintenant...".

    Bienvenue au club, tout l'avenir de l'Europe tient dans ces deux façons de poser une question. L'une est autant culturelle qu'anatomique et l'autre, aussi politique qu’imprévisible. Dans les deux cas, la Moldavie reste le pays le plus pauvre d'Europe, la Transnistrie une grenouille qui se prend pour un bœuf et la Gagaouzie une région qui gazouille sur son nid de misère pour se faire aimer. Pendant que ces braves gens se divisent au nom de lopins de terre qui ne leur ont jamais vraiment appartenu, le gros méchant Russe, encore plus perverti par son époque soviétique, complote dans les couloirs sans qu'on sache ce qu'il veut vraiment, si ce n'est de succomber à ses vieux démons. Malheureusement, dans tous les cas, ça ressemble à une affaire de gros sous, l'Ukraine en est un exemple, et à ce jeux là le Russe a bien compris que quand c'est une affaire dl'argent, c'est maintenant qu'il faut payer et pas demain et sous conditions! Pronostique: Russie 1 - UE 0.

    ReplyDelete